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Dans la continuité de la tradition des thermes romains, l’empire byzantin, puis l’empire ottoman adoptent la tradition du bain public qu’elle fait sienne. Très vite, le bain public sera baptisé bain turc. Découvrons ensemble le rituel du hammam turc dans la suite de notre article.

Bain turc : rituel de soin

Des villages de province les plus reculés à la capitale ottomane, ces établissements publics se propagent à toute vitesse. Parfois, situés dans de hautes bâtisses rassemblant plusieurs salles autour du dôme central, parfois constitués d’une pièce unique, ils exhibent une architecture des plus imposantes et des constructions des plus modestes.

Contrairement au hammam marocain, le bain turc n’est pas vraiment lié à un rituel religieux. Il est surtout conçu pour l’hygiène corporelle. Il est aussi le lieu de prédilection des rencontres et occupe une place centrale dans la vie sociale.

Cependant, depuis les années 60, où se sont multipliées dans les habitations les salles de bains individuelles, cette pratique est en perte de vitesse. C’est ce qui explique qu’en Turquie, de nombreux thermes ont été transformés en magasins ou en galeries marchandes. Mais l’art du bain turc connaît aujourd’hui une nouvelle recrudescence. D’abord pour son charme oriental, ensuite parce qu’il fait l’objet d’un soin vivifiant et dynamisant.

Déroulement d'une séance de bain turc

Ici, les sections hommes et femmes sont rigoureusement séparées. Aucun homme ne pénètre dans l’antre féminin, comme aucune femme ne prodigue de soins à la gent masculine :

  • Après être passé dans une petite cabine, vous troquez vos vêtements contre le « pestemal », ce tissu qui recouvre partiellement le corps. Vos chaussures de ville sont remplacées par les traditionnels « takunya », ces sabots de bois qui vous empêchent de glisser sur le sol humide.
  • Après le passage dans le vestibule, vous pénétrez dans une pièce à la vapeur avoisinant les 40 degrés et les 80 % d’humidité. Au centre de la pièce se trouve la pierre centrale, ou « göbek taşı », sous laquelle se trouve la source de chaleur, alimentée jadis au feu de bois, remplacé aujourd’hui par les tuyaux de gaz. Plus vous vous approchez du centre, plus c’est chaud.
  • C’est là, allongé sur le pagne, que débute la première phase du soi, la sudation. Cette opération détoxifiante dure une vingtaine de minutes, pendant laquelle votre corps va rejeter les toxines et votre peau va se purifier en profondeur. Lorsque la chaleur devient trop étouffante, vous vous rafraîchissez en versant sur votre corps le contenu d’un « tas », petit récipient d’eau en céramique, en cuivre ou en argent.
  • Puis le soin se poursuit sur le « kurna », sorte de cuvette en céramique où le corps est entièrement frotté de façon énergique au savon et au gant de crin.
  • Le retour sur la pierre centrale arrive, pour recevoir un massage plutôt énergétique, tonique, au cours duquel aucun musque n’est laissé pour compte. On est très loin de notre traditionnel massage suédois. On se sent revigoré, secoué, régénéré.
  • La dernière étape du soin s’effectue dans la première salle pour un repos bien mérité. Là, on peut tranquillement siroter un thé parfumé, et surtout permettre au corps de retrouver sa température habituelle.

Plus et moins du bain turc

La séance de hammam turc est très bénéfique si vous souffrez de courbatures ou de douleurs articulaires. Elle est aussi excellente dans les cas de maladies respiratoires.

Par contre, elle est déconseillée si vous souffrez d’hypotension, ou de l’hypoglycémie. De même, le hammam turc est à éviter au moment de la digestion.

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